HOMEMASS MEDIAInterviewsXavier Sala i Martín: “Nous devons arrêter de chercher à devenir des robots”
12 March 2018
Xavier Sala i Martín: “Nous devons arrêter de chercher à devenir des robots”
Mass media - Interviews
Le Temps
  
 

Tags: Competitiveness | Economia en colors | Europe

Professeur à Columbia, Xavier Sala i Martín veut rendre confiance dans le libéralisme, l’innovation et les «colibris» de l’histoire. Une «économie en couleur» qui pourrait finir par nous rendre notre humanité, basée ni sur le muscle ni le cerveau mais sur notre capacité à coopérer

Vert fluo? Rose? Zébré? Même les organisateurs de l’Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID) se demandait il y a deux semaines de quelle couleur serait le blazer de Xavier Sala i Martín pour sa présentation «L’invasion des robots intelligents: est-ce différent cette fois?» dans l’institut genevois. Le présentateur du programme «l’économie en couleur» de la télévision catalane s’est – de son propre aveu – «fait un nom» grâce à ses tenues excentriques. Et quand ce nom ne revient pas, c’est simplement «el tio de les americanes» («le mec des blazers», en catalan), admet celui qui est, depuis une décennie, professeur à l’Université Columbia.

Prolixe et hyperactif, il partage désormais sa vie entre New York et Manchester, où sa femme a intégré l’équipe médicale du Manchester City de Josep Guardiola. Xavier Sala i Martín est avant tout un libéral enthousiaste. A l’IHEID, le quinquagénaire a livré une leçon d’optimisme et rappelé comment l’expulsion de verriers de Constantinople a débouché des siècles plus tard sur l’une des plus brillantes inventions de l’humanité: le microscope. Ses slides et son avatar étaient assortis à son blazer du jour: mauve.

Le Temps: Pourquoi est-ce que tous les cols blancs s’intéressent désormais aux robots?

Xavier Sala i Martín: La globalisation a toujours eu mauvaise presse. Les populistes de droite critiquent les flux migratoires, ceux de gauche fustigent le commerce international et les multinationales. D’une manière ou d’une autre, les étrangers sont toujours accusés de saboter ce qu’il y avait avant. Mais la technologie avait été épargnée par cette vague réactionnaire…

Vraiment?

Les artisans du XVIIIe siècle jetaient déjà des pierres contre les machines à filer qui leur volaient leur travail. A chaque révolution industrielle, il y a eu des perdants. Et des économistes pour dire que cette fois, c’est différent! Les luddites [du nom des briseurs de machines anglais, ndlr] ont toujours perdu. Mais, pour la première fois de l’histoire, il pourrait y avoir un véritable mouvement anti-innovation. Même Bill Gates voudrait taxer les robots. Une pure folie. Curieusement, il ne s’était pas manifesté pour une taxation des logiciels quand Word a remplacé ma secrétaire.

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